L'arrivée
On est arrivées. Devant chez lui. Devant son immeuble. Devant cette porte que je connaissais par cœur. J'ai garé la voiture. J'ai coupé le moteur. On est restées là. Dans le silence. Dans la voiture. À regarder la porte. À regarder l'immeuble. À regarder ce qui allait se passer. La rue était vide. Un chien aboyait quelque part. Les volets du premier étaient encore fermés. Il n'était même pas 7h10 et il faisait déjà chaud.
« On y va ? »
« On y va. »
On est descendues. On a traversé la rue. On a marché vers la porte. Sophie tremblait. Je le voyais. À sa démarche. À ses mains. À sa respiration. Elle serrait la lanière de son sac comme on serre une rampe. Elle avait peur. Elle était excitée. Elle était prête.
Les clés sous le paillasson, comme tous les mardis. Je les ai prises en main. Je les ai serrées. Un métal froid contre ma paume. Un rappel. Un rituel. Le même froid, chaque mardi, depuis des mois. Je me suis retournée vers Sophie. Une dernière fois. Je l'ai regardée. Longuement. Intensément.
« Prête ? »
« Prête. »
Clic. La porte s'est ouverte.
Et il était là.
Karim. Torse nu. En short. Pieds nus. Un sourire aux lèvres. Ce sourire que je connaissais. Ce sourire qui disait qu'il savait. Ce sourire qui disait qu'il attendait. Ce sourire qui disait qu'il allait nous prendre.
« Tu es en retard. Et tu as amené ton cadeau sans me prévenir. Ça se paiera. »
Il a regardé Sophie. De haut en bas. Lentement. Précisément. Ses yeux sont descendus sur sa jupe courte. Sur ses collants couleur chair. Sur ses escarpins brillants. Puis ils sont remontés. Plus lentement encore. Sur son chemisier. Sur son décolleté. Sur son visage. Sur ses yeux.
Il n'a rien dit. Il n'a pas eu besoin. Ses mains restaient le long de son corps. Propres. Calmes. Les ongles courts. Les doigts nets. Des mains qui n'avaient jamais frappé personne et qui savaient pourtant tout prendre.
Puis il a souri. Un sourire de prédateur. Un sourire de maître. Un sourire de vainqueur.
« Jolie. Très jolie. Entre. »
L'entrée
Sophie est entrée. Sans un mot. Sans un regard. Sans rien. Elle a traversé le seuil. Elle a marché dans le couloir. Elle est entrée dans le studio. Elle s'est arrêtée. Au milieu de la pièce. Debout. Immobile. Offerte. Le parquet a grincé sous ses talons, une fois, deux fois, puis plus rien.
Moi, je suis restée derrière. Un pas. Juste un pas. Pour la regarder. Pour la voir. Pour la laisser. Pour la regarder être ce que j'étais. Ce que j'avais été. Ce que je serais toujours.
Karim s'est approché d'elle. Lentement. Sans un bruit. Ses pieds nus sur le parquet. Un bruit sourd. Un bruit de prédateur. Un bruit de maître. Il s'est arrêté devant elle. Il a posé une main sur son épaule. Une main ferme. Une main chaude. Une main qui savait. Il sentait le linge propre et le bois de cèdre. Toujours. Même à sept heures du matin. Même l'été.
Il s'est penché. Il a posé ses lèvres sur son front. Un baiser rapide. Presque paternel. Presque tendre. Presque innocent. Puis il s'est tourné vers moi. Il a posé ses lèvres sur mon front. Le même baiser. Rapide. Paternel. Tendre. Innocent.
Puis il s'est retourné vers Sophie. Il a posé ses lèvres sur les siennes. Un baiser. Long. Profond. Sensuel. Un baiser pour la mettre dans l'ambiance. Un baiser pour la préparer. Un baiser pour lui dire : « Tu es à moi. »
Sophie a fermé les yeux. Elle a gémi. Doucement. Un son à peine perceptible. Un son de femme qui venait de se laisser aller. Un son de femme qui venait de dire oui.
Le canapé
Il l'a prise par la main. Il l'a guidée. Vers le canapé. Le petit canapé sous la fenêtre. Celui qui ne pouvait accueillir que deux personnes. Pas plus. Juste deux. Un vieux canapé gris. Une housse qu'il ne lavait jamais. Une tache claire sur l'assise, à l'endroit où je posais toujours mon genou.
Il s'est assis. Il l'a fait asseoir à côté de lui. Elle a obéi. Sans un mot. Sans un regard. Sans rien. Elle s'est assise. Droite. Les mains sur les genoux. Les yeux baissés. La respiration courte.
Il a posé une main sur sa cuisse. Une main possessive. Une main qui disait : « Tu es à moi. » Elle a frissonné. Je l'ai vue. Le frisson a parcouru sa peau. De sa cuisse à son ventre. De son ventre à sa poitrine. De sa poitrine à sa nuque.
Il s'est penché. Il a posé ses lèvres sur son épaule. Un baiser. Puis un autre. Sur son cou. Sur sa joue. Sur son oreille. Des baisers légers. Des baisers précis. Des baisers qui faisaient frémir sa peau. Des baisers qui la faisaient fondre.
Elle était… docile. Obéissante. Sur un nuage. Une Sophie que je n'avais jamais vue. Une Sophie que je ne connaissais pas. Une Sophie qui se laissait faire. Une Sophie qui se laissait prendre. Une Sophie qui se laissait aimer.
Et moi, je regardais. Debout. À côté. Silencieuse. Oubliée. Je regardais le spectacle. Le spectacle que j'avais voulu. Le spectacle que j'avais organisé. Le spectacle que j'avais provoqué. Le soleil entrait par la fenêtre et coupait la pièce en deux. Eux dans la lumière. Moi dans l'ombre.
L'appel
Karim a retiré son short. D'un geste lent. D'un geste précis. D'un geste de maître. Il est apparu. Nu. Debout. Sa queue. Dure. Épaisse. Gorgée de sang. Gorgée de désir. Gorgée de puissance.
Il m'a regardée. Ses yeux dans les miens. Un sourire aux lèvres. Un sourire qui disait : « Tu sais ce que tu dois faire. »
« Tu fais quoi ? Viens faire plaisir à ton maître. »
Sa voix. Basse. Autoritaire. Sucrée. Une voix qui ne demandait pas. Une voix qui ordonnait. Une voix qui m'appelait. Une voix que je connaissais. Une voix que j'aimais. Une voix que je ne pouvais pas refuser. Il n'a pas élevé le ton. Il ne l'élevait jamais. C'était ça, le pire.
Le coussin
Je suis passée au placard. Un petit placard. À gauche du canapé. Je l'ai ouvert. J'ai pris mon coussin. Mon coussin spécial genoux. Un coussin que j'avais laissé là, pour ça. Un coussin que j'avais laissé. Un coussin qui m'appartenait. Un coussin qui servait à ça. À ça seulement. Il gardait mon odeur. Il gardait la mienne et un peu de la sienne.
Je l'ai déposé. Près des pieds de Karim. Sur le parquet froid. À l'endroit exact. À la place exacte. À la position exacte. Je me suis penchée. Je me suis agenouillée. Sur le coussin. Mes genoux ont trouvé leur place. Mes mains ont trouvé leur place. Ma bouche a trouvé sa place.
La queue
Je me suis penchée. J'ai approché mon visage. J'ai senti son odeur. Cette odeur que je connaissais. Cette odeur de peau. Cette odeur de sexe. Cette odeur de désir. J'ai tiré ma langue. Je l'ai posée sur le bout. Sur le gland. Sur cette peau tendue. Chaude. Vivante.
J'ai commencé. Lentement. Des coups de langue. Doux. Précis. Réguliers. De bas en haut. De haut en bas. Sur le côté. Sur le dessous. Sur le frein. Sur chaque centimètre. Sur chaque parcelle de son désir.
Ma main. Ma main droite. Elle a trouvé sa base. Elle a serré. Elle a masturbé. Lentement. Au rythme de ma langue. Au rythme de sa respiration. Au rythme de son plaisir.
Il a gémi. Doucement. Un son bas. Un son rauque. Un son de plaisir. Un son que je connaissais. Un son que j'aimais. Un son que je voulais entendre encore. Et encore. Et encore.
Derrière moi, Sophie respirait. J'entendais tout. Le tissu du canapé. Le frottement d'une main sur une cuisse. Un souffle qui se cassait. Et sous mes genoux, mon coussin, tiède déjà, et la pointe dure du parquet qui me rentrait dans le tibia.
Les mains de Karim
Pendant que je le travaillais. Pendant que je le suçais. Pendant que je le masturbais. Les mains de Karim. Elles étaient ailleurs. Elles étaient sur Sophie. Sur sa peau. Sur ses cuisses. Sur ses hanches. Sur son ventre. Sur sa poitrine.
Ses doigts. Ils glissaient. Ils caressaient. Ils frôlaient. Ils faisaient frémir la peau de Sophie. Ils faisaient naître des frissons. Ils faisaient monter des soupirs. Ils faisaient couler des gémissements.
Et puis. Lentement. Subtilement. Ses doigts ont trouvé le bas de sa jupe noire. Courte. Chic. Ils l'ont attrapée. Ils l'ont fait remonter. Centimètre par centimètre. Sur ses cuisses. Sur ses hanches. Jusqu'à la taille. La jupe était remontée. Autour de sa taille. Comme une ceinture. Comme une marque. Comme une offrande.
Ses collants couleur chair. Tendus. Transparents. Dévoilant sa peau. Ses cuisses. Son entrejambe. Et sa culotte. Une petite culotte. Blanche. Fine. Qui ne cachait rien. Qui ne dissimulait rien. Qui disait tout.
Sa main. Sa main droite. Elle a glissé. Sous la culotte. Sur sa peau. Sur son intimité. Sur cette chaleur. Sur cette humidité. Sur ce désir. Elle a trouvé. Elle a caressé. Elle a exploré. Deux doigts. Puis trois. Sans se presser. Comme on vérifie quelque chose.
Et Sophie. Sophie a frissonné. Un frisson long. Un frisson profond. Un frisson qui a parcouru tout son corps. De sa nuque à ses pieds. De ses pieds à sa nuque. Elle a fermé les yeux. Elle a ouvert la bouche. Elle a respiré. Fort. Profondément.
L'ouverture
Plus il la caressait. Plus elle s'ouvrait. Plus il touchait. Plus elle écartait. Ses jambes. Lentement. Doucement. Naturellement. Comme si son corps répondait avant même que sa tête ne comprenne. Comme si son corps savait. Comme si son corps voulait.
Sa bouche. Elle s'ouvrait. Plus il touchait. Plus elle s'ouvrait. Un souffle. Puis un gémissement. Puis un soupir. Puis un mot. Un mot murmuré. Un mot à peine audible. Un mot qui disait : « Oui. »
Plus il disait des mots crus. Plus elle lâchait prise. Des mots. Des mots que je connaissais. Des mots que j'aimais. Des mots que j'attendais. Des mots qui faisaient fondre. Des mots qui faisaient mouiller. Des mots qui faisaient jouir.
« Tu aimes ça ? »
« Oui… »
« Tu veux plus ? »
« Oui… »
« Dis-le. »
« Je veux plus. »
« Plus quoi ? »
« Plus toi. Plus ta main. Plus… tout. »
Et elle s'est ouverte. Complètement. Ses jambes. Écartées. Écartelées. Offertes. Sa culotte. Trempée. Transparente. Inutile. Son corps. Tremblant. Frissonnant. Brûlant.
La poitrine
Moi. Moi, j'étais à genoux. Sur mon coussin. Devant mon maître. Sa queue dans ma bouche. Ma langue sur son gland. Mes lèvres autour de sa chair. Je le léchais. Je le suçais. Je le masturbais. Mais mes yeux. Mes yeux étaient ailleurs. Sur eux. Sur Sophie. Sur Karim. Sur ce qu'ils faisaient. Sur ce qu'ils étaient en train de devenir.
Karim s'est penché. Vers Sophie. Vers sa poitrine. Il a déboutonné son chemisier. Lentement. Bouton par bouton. Chaque bouton. Une révélation. Chaque bouton. Une promesse. Chaque bouton. Un pas de plus vers l'abandon. Le tissu de soie glissait entre ses doigts sans un bruit.
Son chemisier s'est ouvert. Sa poitrine est apparue. Opulente. Généreuse. Magnifique. Ses seins. Ronds. Fermes. Ses tétons. Érigés. Durs. Témoins de son excitation. Témoins de son désir. Témoins de sa chute.
Il a posé sa bouche. Sur un téton. Il a tété. Lentement. Doucement. Précisément. Comme un enfant. Comme un amant. Comme un maître. Il a tété. Et Sophie. Sophie a gémi. Un gémissement long. Un gémissement profond. Un gémissement qui venait du plus profond d'elle-même.
Il a changé de sein. Il a tété l'autre. Même lenteur. Même douceur. Même précision. Et Sophie. Sophie a gémi. Encore. Plus fort. Plus profond. Plus abandonné.
Le doigt
Et puis. D'un coup. Un mouvement. Un geste. Un doigt. Quelque part. Là où il ne fallait pas. Là où elle ne s'attendait pas. Là où personne ne l'avait jamais touchée.
« Non… pas là… »
Un cri. Un cri étouffé. Un cri de surprise. Un cri de peur. Un cri de… plaisir ?
Moi. Moi, j'ai essayé de regarder. De voir. De comprendre. J'ai tourné la tête. J'ai levé les yeux. J'ai voulu voir ce qui se passait. Ce qu'il faisait. Où il était. Où il allait.
Et j'ai pris une gifle.
Le bruit a rempli la pièce avant la douleur. Sophie a sursauté. Moi, j'ai rougi. De honte. De chaleur. Des deux.
« Ne t'arrête pas. »
Sa voix. Basse. Autoritaire. Sèche. Une voix qui ne demandait pas. Une voix qui ordonnait. Une voix qui me rappelait qui j'étais. Où j'étais. Ce que j'étais.
Je me suis remise au travail. J'ai repris sa queue. Dans ma bouche. Dans ma gorge. Dans mon corps. J'ai continué. J'ai sucé. J'ai léché. J'ai aspiré. J'ai obéi.
Et Sophie. Sophie n'a même pas essayé de se tortiller. Elle n'a même pas essayé de fuir. Elle n'a même pas essayé de résister. Elle était là. Offerte. Ouverte. Écartelée. Elle était à lui. Elle était à nous.
La fenêtre
Karim s'est levé. Il a pris Sophie par la main. Il l'a relevée. Il l'a guidée. Vers le coin de la fenêtre. Un coin sombre. Un coin discret. Un coin où personne ne pouvait nous voir. Mais où nous. Nous pouvions tout voir. En bas, la rue s'éveillait. Une camionnette de livraison. Une femme avec un caddie. Le monde normal, à trois mètres sous nous.
Il l'a tournée. Face au mur. Face à la fenêtre. Face à la rue. Il a relevé sa jupe. Encore. Il a baissé sa culotte. D'un geste sec. D'un geste précis. Il a écarté ses fesses. Il a découvert son intimité. Son petit trou. Son petit trou serré. Son petit trou offert.
Et moi. Moi, j'avais pris soin de sa verge. Avant. De la lustrer. De la lubrifier. De la préparer. Pour elle. Pour ce moment. Pour cette chute. Pour cette offrande.
Il s'est approché. Il a posé son gland. Contre son entrée. Contre sa porte. Contre son petit trou. Il a appuyé. Lentement. Doucement. Sans forcer. Sans brusquer. Juste en appuyant. Juste en attendant. Juste en la laissant venir.
Et Sophie. Sophie est venue. Elle s'est ouverte. Elle s'est offerte. Elle s'est donnée. Elle a reculé. Elle a poussé. Elle a pris. Elle s'est empalée. Elle s'est envolée. Elle a crié.
« Oh… »
Un cri. Un cri long. Un cri profond. Un cri qui venait du plus profond d'elle-même. Un cri de douleur. Un cri de plaisir. Un cri de tout ce qu'elle ne pouvait plus démêler. Sa main a claqué contre la vitre. Une trace de paume sur le carreau. Elle ne l'a pas vue. Je l'ai vue.
Le spectacle
Le spectacle était intense. Le spectacle était magnifique. Le spectacle était… cruel.
Voir ma copine. Ma meilleure amie. Ma Sophie. Complètement soumise. Complètement offerte. Complètement prise. Voir son corps. Tremblant. Frissonnant. Brûlant. Voir sa peau. Rougie. Marbrée. Mouillée. Voir ses yeux. Fermés. Brillants. Perdus. Voir sa bouche. Ouverte. Gémissante. Suppliante.
Quelques va-et-vient. Quelques coups. Quelques poussées. Quelques gémissements. Quelques cris. Quelques soupirs. Et Karim m'a appelée.
« Viens ici. »
Je me suis approchée. À quatre pattes. Sur mon coussin. J'ai rampé. Jusqu'à eux. Jusqu'à lui. Jusqu'à elle. Je me suis relevée. Je me suis penchée. J'ai ouvert la bouche.
Il m'a embrassée. Sur la bouche. Profondément. Longuement. Sensuellement. Et j'ai senti. J'ai senti le goût. Le goût de Sophie. Le goût de son intimité. Le goût de sa chute. Le goût de notre victoire.
Il a retiré sa bouche. Il a souri. Il a regardé Sophie. Il a regardé son corps. Il a regardé son cul. Il a regardé son petit trou. Il a souri.
« Elle est bonne, ta copine, Laura. »
Il a repris son mouvement. Quelques coups. Encore. Plus profonds. Plus forts. Plus rapides. Sophie a crié. Sophie a gémi. Sophie a supplié. Sophie a joui.
La levrette
Il l'a sortie. De la fenêtre. De là-bas. Il l'a ramenée. Vers le canapé. Le petit canapé. Il l'a mise dessus. En levrette. Les genoux sur le tissu. Les mains sur l'accoudoir. Le cul en l'air. Offerte. Écartelée. Prête.
Il a achevé de la faire glisser. D'un geste sec. D'un geste brutal. D'un geste de maître. Le tissu a cédé. La dentelle a craqué. La culotte est tombée. En lambeaux. Sur le sol. Un petit bout de blanc sur le parquet. Comme une preuve.
Il s'est approché. Il a posé son gland. Contre sa chatte. Contre son intimité. Contre son désir. Il a appuyé. Il est entré. D'un seul coup. Profond. Puissant. Implacable.
Sophie a crié. Un cri. Un cri long. Un cri profond. Un cri qui a rempli la pièce. Un cri qui a rempli mon ventre. Un cri qui a rempli mon cœur.
Quelques coups de reins. Quelques poussées. Quelques mouvements. Quelques gémissements. Quelques cris. Quelques soupirs. Et puis. Il a glissé. Un doigt. Dans son petit trou. Dans son cul. Dans son intimité la plus secrète.
« Non… pas encore… »
Un cri. Un cri de surprise. Un cri de peur. Un cri de… plaisir.
Et lui. Lui, il a souri. Il a ri. Il a complimenté. « Il est mignon ton petit trou. Il est serré. Il est… parfait. »
Le petit trou
Moi. Moi, j'étais là. À côté. À genoux. Sur mon coussin. À regarder. À attendre. À espérer. À vouloir.
Il m'a appelée. Du regard. Du geste. De la voix. « Viens. »
Je me suis approchée. J'ai pris sa bite. Dans ma bouche. Quelques secondes. Juste quelques secondes. Pour la goûter. Pour la sentir. Pour la préparer. Pour elle. Pour ce moment. Pour cette chute. Pour cette offrande.
Puis il l'a retirée. De ma bouche. De mes lèvres. De ma langue. Il l'a déposée. Sur son petit trou. Sur son cul. Sur son intimité la plus secrète.
Il a regardé Sophie. Il a souri. Il a parlé. Doucement. Presque tendrement. Presque cruellement.
« Tu es prête ? »
Sophie a respiré. Elle a tremblé. Elle a hésité. Puis elle a répondu. Faiblement. Presque un murmure. Presque un souffle. Presque un aveu.
« Je ne sais pas. »
Il a souri. Il a appuyé. Le gland. Sur la petite porte. Sur le petit trou. Sur le petit espace. Il a forcé. Lentement. Doucement. Sans brusquer. Sans déchirer. Juste en forçant. Juste en attendant. Juste en la laissant venir.
Et moi. Moi, je me suis retrouvée sous les ordres de Karim. « Tiens ses fesses. Écarte-les. »
Je me suis penchée. J'ai posé mes mains. Sur ses fesses. Sur sa peau. Sur sa chaleur. J'ai écarté. J'ai ouvert. J'ai offert. J'ai facilité. J'ai obéi. Mes pouces dans la naissance de ses reins. Mes ongles courts. Mes mains propres. Comme les siennes.
Elle était énorme. Pour elle. Pour son petit trou. Pour son petit espace. Mais ça rentrait. Lentement. Doucement. Inéluctablement. Ça rentrait.
Et Sophie. Sophie a crié. Un cri. Un cri long. Un cri profond. Un cri qui venait du plus profond d'elle-même. Un cri de douleur. Un cri de plaisir. Un cri de tout ce qu'elle ne pouvait plus démêler.
La chute
Et moi. Moi, j'étais là. À genoux. Derrière elle. Les mains sur ses fesses. À regarder. À voir. À comprendre. À savoir.
Je la voyais. Ma Sophie. Ma copine. Ma meilleure amie. En train de se faire prendre. En train de se faire défoncer. En train de se faire… aimer.
Je la voyais. Son corps. Tremblant. Frissonnant. Brûlant. Sa peau. Rougie. Marbrée. Mouillée. Ses yeux. Fermés. Brillants. Perdus. Sa bouche. Ouverte. Gémissante. Suppliante.
Je la voyais. Et je souriais. Intérieurement. Extérieurement. Totalement. Je souriais. Parce que je savais. Parce que j'attendais. Parce que j'anticipais.
Elle était tombée. Comme moi. Elle était tombée. Avec moi. Elle était tombée. Pour moi. Elle était tombée. Pour lui. Elle était tombée. Pour nous.
Et je me suis dit que c'était peut-être ça. Le bonheur. Le vrai. Le seul. Voir sa copine tomber. La voir souffrir. La voir jouir. La voir devenir ce que je suis devenue.
Et je me suis dit que Sophie allait bientôt le savoir. Elle allait bientôt le sentir. Elle allait bientôt le comprendre. Elle allait bientôt… être.
La délivrance
Il a continué. Lentement d'abord. Puis plus vite. Plus fort. Plus profond. Ses hanches claquaient contre les fesses de Sophie. Sa queue allait et venait dans son petit trou. Le bruit était obscène. Le bruit était magnifique. Le bruit était… libérateur.
Sophie gémissait. Sophie criait. Sophie suppliait. Sophie ne savait plus. Elle ne savait plus ce qu'elle disait. Elle ne savait plus ce qu'elle voulait. Elle ne savait plus qui elle était. Elle était juste un corps. Un corps qui prenait. Un corps qui donnait. Un corps qui jouissait.
Et moi. Moi, j'étais là. À genoux. Derrière elle. Les mains sur ses fesses. Les doigts écartés. Les yeux fixés. Je regardais. Je regardais sa queue qui allait et venait. Je regardais son petit trou qui s'ouvrait et se refermait. Je regardais le plaisir qui montait. Qui montait. Qui montait. Mes bras commençaient à trembler. Je ne les lâchais pas. Les genoux. Le tibia contre la pointe du parquet. La nuque. Quarante ans. Je ne les lâchais pas.
Karim a accéléré. Encore. Plus vite. Plus fort. Plus profond. Sa respiration est devenue plus courte. Plus saccadée. Plus rauque. Ses doigts se sont crispés sur les hanches de Sophie. Ses jambes ont commencé à trembler. Son corps s'est tendu. Son ventre s'est contracté.
Et puis. Il a joui.
Un grognement sourd. Un jet chaud. Sa semence qui jaillissait. Qui inondait. Qui remplissait. Le cul de Sophie. Sa chatte. Ses fesses. Partout. Un flot. Une cascade. Une offrande.
Sophie a crié. Un cri long. Un cri profond. Un cri qui venait du plus profond d'elle-même. Un cri de douleur. Un cri de plaisir. Un cri de tout ce qu'elle ne pouvait plus démêler.
Karim est resté immobile. Quelques secondes. Juste quelques secondes. À savourer. À respirer. À profiter. Puis il s'est retiré. Lentement. Doucement. Précisément. Sa queue est sortie. Son gland a glissé. Et le sperme. Le sperme a coulé. Le long de ses fesses. Le long de ses cuisses. Sur le canapé. Partout.
Le nettoyage
Il s'est retourné. Vers moi. Ses yeux dans les miens. Un sourire aux lèvres. Un sourire de maître. Un sourire de vainqueur. Un sourire qui disait : « À toi. »
« Nettoie. »
Un mot. Un seul mot. Un ordre. Un ordre que je connaissais. Un ordre que j'aimais. Un ordre que j'attendais.
Je me suis approchée. À quatre pattes. Sur mon coussin. J'ai rampé. Jusqu'à lui. Jusqu'à sa queue. Encore luisante. Encore couverte de notre mélange. Encore imprégnée de Sophie. Encore imprégnée de nous.
J'ai tiré ma langue. Je l'ai posée sur le bout. Sur le gland. Sur cette peau tendue. Chaude. Vivante. J'ai léché. Lentement. Doucement. Précisément. Du bas vers le haut. Du haut vers le bas. Sur le côté. Sur le dessous. Sur chaque centimètre. Sur chaque parcelle de son plaisir.
J'ai pris sa queue dans ma bouche. Je l'ai nettoyée. Avec soin. Avec application. Avec dévotion. J'ai senti sa main sur ma nuque. Il n'appuyait pas. Il caressait. Il guidait. Il validait.
« Bonne fille. »
J'ai continué. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Jusqu'à ce qu'il soit propre. Jusqu'à ce qu'il soit satisfait. J'ai recraché. J'ai essuyé ma bouche. Je me suis tournée.
Vers Sophie.
Elle était là. Affalée sur le canapé. Les genoux sur le tissu. Les mains sur l'accoudoir. Le cul en l'air. Les fesses rouges. Les cuisses tremblantes. Le petit trou ouvert. Le sperme qui coulait. Qui dégoulinait. Qui marquait. Qui prouvait. Qui disait tout.
Je me suis approchée. De ses fesses. De son cul. De son intimité. J'ai posé mes mains sur ses hanches. Je me suis penchée. J'ai tiré ma langue. Je l'ai posée sur sa peau. Sur le sperme. Sur le mélange. Sur notre offrande.
J'ai léché. Lentement. Doucement. Précisément. Du bas vers le haut. Du haut vers le bas. Sur ses fesses. Sur ses cuisses. Sur son petit trou. J'ai nettoyé. Avec soin. Avec application. Avec dévotion. J'ai tout pris. Tout avalé. Tout gardé. Le goût du sel. Le goût de l'homme. Le goût de mon amie.
Sophie a frissonné. Sophie a gémi. Sophie a soupiré. Elle n'a pas bougé. Elle n'a pas protesté. Elle n'a pas résisté. Elle s'est laissée faire. Elle s'est laissée nettoyer. Elle s'est laissée… aimer.
La salle de bain
Karim s'est levé. Il a regardé le spectacle. Un sourire aux lèvres. Un sourire de maître. Un sourire de vainqueur. Un sourire qui disait : « C'est bien. »
Il a tourné les talons. Il a marché vers la salle de bain. Ses pieds nus sur le parquet. Un bruit sourd. Un bruit de prédateur. Un bruit de maître. La porte s'est fermée. L'eau a coulé. Il se lavait. Il se nettoyait. Il se préparait. Pour la suite. Pour le reste. Pour nous.
Et nous. Nous sommes restées là. Dans la pièce principale. Obéissantes. Silencieuses. Sages. Sophie. Affalée sur le canapé. Les jambes tremblantes. Le corps vidé. L'esprit en ruine. Moi. À genoux. Sur mon coussin. Les mains sur mes cuisses. Les yeux baissés. La respiration calme.
On attendait. On attendait qu'il revienne. On attendait qu'il nous dise quoi faire. On attendait qu'il nous donne un ordre. On attendait. Comme des bonnes filles. Comme des chiennes dociles. Comme des soumises. Le robinet a coulé longtemps. J'ai compté. Je compte toujours.
Le départ
La porte de la salle de bain s'est ouverte. Karim est apparu. Une serviette autour de la taille. Les cheveux humides. La peau propre. L'odeur du savon. L'odeur de l'homme. L'odeur du maître.
Il a traversé la pièce. Lentement. Sans un mot. Il a ramassé son short. Il l'a enfilé. Il a ramassé son t-shirt. Il l'a enfilé. Il s'est approché de nous. Il nous a regardées. Longuement. Intensément.
Puis il s'est approché de moi. Il s'est penché. Il a posé ses lèvres sur mon front. Un baiser. Rapide. Paternel. Tendre. Innocent. Puis il a posé ses lèvres sur mon oreille. Il a murmuré. Doucement. Presque tendrement. Presque cruellement.
« Tu fermes la porte avant de partir. »
Un ordre. Un ordre simple. Un ordre clair. Un ordre qui disait : « Tu pars. Tu fermes. Tu reviendras. »
Il s'est relevé. Il a regardé Sophie. Il a souri. Un sourire de maître. Un sourire de vainqueur. Un sourire qui disait : « À la prochaine. »
Il a tourné les talons. Il a marché vers la porte. Il est sorti. La porte s'est fermée. Le silence est tombé. Lourd. Épais. Définitif. Les clés sont restées sur la petite table. Il ne les reprend jamais. C'est moi qui ferme. C'est moi qui rends les clés à leur place.
Le silence
On est restées là. Longtemps. Sans parler. Sans bouger. Sans rien faire. Juste là. À écouter le silence. À écouter nos respirations. À écouter nos cœurs.
Puis Sophie a parlé. Doucement. Presque un murmure. Presque un souffle. Presque un aveu.
« Laura… »
« Oui ? »
« C'était… »
« Quoi ? »
« Je ne sais pas. Je ne sais pas comment le dire. Je ne sais pas ce que c'était. Je ne sais pas ce que je ressens. Je ne sais pas ce que je suis. »
« Tu es ce que tu es. Tu es ce que tu as toujours été. Tu es une femme. Une femme avec des désirs. Une femme avec des envies. Une femme avec des fantasmes. Une femme qui aime le sexe. Une femme qui aime le plaisir. Une femme qui aime… être une femme. »
Elle a souri. Un sourire faible. Un sourire triste. Un sourire vrai. Un sourire de femme qui venait de comprendre. Un sourire de femme qui venait de tomber. Un sourire de femme qui venait de se relever.
« Et toi ? »
« Moi ? »
« Tu as aimé ? »
« Oui. »
« Tu as aimé me voir comme ça ? »
« Oui. »
« Pourquoi ? »
« Parce que je te voulais à ma place. Parce que je te voulais souffrante. Parce que je te voulais jouissante. Parce que je te voulais… mienne. »
« Et maintenant ? »
« Maintenant ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne sais rien. »
Elle a marqué un silence. Un long silence. Puis elle a parlé. Encore. Plus doucement. Plus profondément.
« Laura… »
« Oui ? »
« Je te déteste. »
« Je sais. »
« Mais je te comprends. »
« Je sais. »
« Et je te pardonne. »
« Je sais. »
Elle s'est assise. Doucement. Elle a grimacé. Elle a posé ses deux mains à plat sur le tissu. Elle a respiré. Trois fois. Comme on réapprend.
La porte
Je me suis levée. Lentement. Mes jambes tremblaient. Mon corps était vidé. Mon esprit était en ruine. Mais je me suis levée. Je me suis approchée de Sophie. Je l'ai aidée à se lever. Je l'ai aidée à se rhabiller. Je l'ai aidée à se recoiffer. Je l'ai aidée à se remaquiller. Je l'ai aidée à redevenir Sophie.
On a ramassé nos affaires. On a vérifié la pièce. On a éteint la lumière. On a marché vers la porte. Je me suis arrêtée. J'ai posé ma main sur la poignée. Je me suis retournée. J'ai regardé la pièce. Une dernière fois. Le canapé. Le coussin. Le placard. La fenêtre. La salle de bain. La trace de sa main sur la vitre. Tout. Tout ce qui s'était passé. Tout ce qui avait été dit. Tout ce qui avait été fait. Tout ce qui avait été ressenti.
J'ai fermé la porte. J'ai tourné la clé. J'ai vérifié. J'ai poussé. C'était fermé. J'ai remis les clés sous le paillasson. À leur place. Comme tous les mardis. C'était fini. C'était… tout.
On est descendues. Les escaliers. Lents. Lourds. Chaque marche nous éloignait de lui. Chaque marche nous rapprochait de nous. Chaque marche nous ramenait à la réalité. La rampe collait un peu. L'immeuble sentait le renfermé et la poubelle du local.
On est sorties. Dans la rue. Dans le soleil. Dans la vie normale. Dans la vie d'avant. Dans la vie qui n'était plus. Il était 8h40. Les volets du premier étaient ouverts. La femme au caddie était repassée.
Le trajet
J'ai reconduit Sophie. Pas chez elle. Au bureau. Parce qu'on devait travailler. Parce que la vie continuait. Parce que le monde ne s'arrêtait pas. Parce que les apparences devaient être sauvées.
Elle s'est assise côté passager. Elle a attaché sa ceinture. Elle a posé son sac entre ses pieds. Elle a regardé par la fenêtre. Elle ne parlait pas. Elle ne bougeait pas. Elle ne respirait presque pas. Elle s'est mise à pleurer. Sans bruit. Juste l'eau. Sur ses joues. Sans un son. Elle a laissé. Puis elle a essuyé avec le dos de la main. Puis elle a recommencé.
J'ai démarré. Je suis sortie du parking. J'ai pris la route. La route qui mène au bureau. La route que je connaissais par cœur. La route que je prenais tous les matins. La route qui nous ramenait à la réalité.
Le silence était lourd. Épais. Presque insupportable. Je sentais Sophie qui essayait de reprendre ses esprits. Je la voyais. Du coin de l'œil. Elle fermait les yeux. Elle les rouvrait. Elle respirait profondément. Elle serrait les mâchoires. Elle essayait. Elle essayait de revenir. De redevenir elle. De redevenir Sophie.
Mon téléphone a vibré dans le vide-poche. Marc. « Je rentre tard, réunion. Je récupère les enfants. » J'ai répondu « ok ». Un mot. Un seul. Comme si ma vie tenait. Comme si tout était normal. J'ai posé le téléphone. Écran contre le tissu.
« Ça va ? »
« Oui. »
« Tu es sûre ? »
« Oui. Je… je vais bien. Enfin. Je vais essayer. »
« Tu veux qu'on parle ? »
« Non. Pas maintenant. Plus tard. Peut-être. Je ne sais pas. »
« D'accord. »
On a roulé. En silence. Jusqu'au bureau. Jusqu'à la vie normale. Jusqu'à la mascarade. Sophie a ouvert la boîte à gants. Elle a pris un chewing-gum. Elle en a mis deux. Elle m'en a tendu un. Sans me regarder.
Le bureau
On est arrivées. 9h15. Comme une matinée ordinaire. On est descendues. On a traversé le parking. On est entrées. On a pris l'ascenseur. On est montées. On a traversé l'open space. On a rejoint nos places. Le badge a bipé. Deux fois. Comme tous les matins.
Sophie s'est assise. Elle a allumé son ordinateur. Elle a ouvert ses mails. Elle a commencé à travailler. Comme si de rien n'était. Comme si rien ne s'était passé. Comme si rien n'avait changé.
Mais quelque chose avait changé. Quelque chose s'était brisé. Quelque chose s'était installé entre nous. Quelque chose que nous ne pourrions plus jamais nier. Quelque chose que nous ne pourrions plus jamais oublier.
Je l'observais. Discrètement. Du coin de l'œil. Je la voyais. Elle tremblait encore. Légèrement. À peine. Mais elle tremblait. Ses mains. Ses doigts. Ses lèvres. Elle tremblait. Sa jupe était froissée à la taille. Elle l'a lissée deux fois avec la paume. Elle a remonté son col d'un cran.
Elle a ouvert son tiroir. Elle a pris sa tasse. Elle s'est levée. Elle est allée à la machine à café. Elle s'est servi un café. Noir. Très noir. Elle est revenue. Elle s'est assise. Elle a bu. Une gorgée. Deux gorgées. Trois gorgées.
Et petit à petit. Doucement. Lentement. Elle a commencé à reprendre ses esprits. Le café. La chaleur. La caféine. Le rituel. Le café l'aidait. Le café la ramenait. Le café la sauvait.
10h. La pause café. Elle s'est levée. Elle est allée à la machine. Elle s'est servi un deuxième café. Elle a ri avec un collègue. Elle est revenue. Elle a continué à travailler.
11h. Troisième café. Elle a souri à Marie. Elle a souri à Paul. Elle a souri à tout le monde. Elle a sorti son carnet. Elle a commencé à écrire. Elle a commencé à travailler. Elle a commencé à être.
Midi. La pause déjeuner. Quatrième café. Elle a mangé avec les autres. Elle a ri. Elle a parlé. Elle a raconté une anecdote. Elle a même fait une blague. Tout le monde a ri. Moi, je n'ai pas ri. Moi, je n'ai pas mangé. Moi, je n'ai rien dit.
J'étais… perdue. J'étais… inquiète. J'étais… énervée.
Parce que ce n'était pas elle. Parce que ce n'était pas possible. Parce que ce n'était pas normal.
Mais c'était elle. C'était Sophie. C'était la Sophie que je connaissais. La Sophie forte. La Sophie souriante. La Sophie qui reprenait le dessus. La Sophie qui ne se laissait pas abattre. La Sophie qui avait besoin de café. Beaucoup de café. Beaucoup de café pour oublier. Beaucoup de café pour se souvenir. Beaucoup de café pour être.
L'après-midi
15h30. La pause café de l'après-midi. Cinquième café. Tout le monde est sorti. Fumer. Discuter. Rire. Sur le parking, derrière les poubelles, à l'ombre du mur. Il ne restait que nous deux. Sophie et moi. Face à face. Dans l'open space vide. Dans le silence. Dans la tension. La clim qui ronronnait. Mon cœur qui n'était pas à sa place.
Je la regardais. Elle me regardait. Elle souriait. Un sourire que je ne connaissais pas. Un sourire qui en disait long. Un sourire qui disait : « Je sais. »
Mais ce sourire n'était pas froid. Il n'était pas méchant. Il n'était pas cruel. Il était… compatissant. Il était… compréhensif. Il était… triste.
« Sophie. »
« Oui ? »
« Ça va ? »
« Oui. Ça va. Enfin. Ça va mieux. Il m'a défoncée… Tu te rends compte que je le dis en riant ? »
« Tu vois ce que ça donne de jouer les rebelles. »
« Oui. Mais il fallait me prévenir avant. »
« Peut-être que tu avais besoin de le vivre en vrai. »
« Oui. Je comprends maintenant. »
« Alors. Qui est la plus salope des deux, maintenant ? »
« Laura… »
« Je plaisante… En tout cas, moi, j'adore sa douceur quand il jouit… »
« Sa douceur ?! Quoi ? J'ai pris cher, mon petit trou a souffert, et toi tu me parles de douceur… »
« Je te taquine. »
« Et toi qui as tout nettoyé… C'était plus dégradant. Plus humiliant. Non ? Tu m'as léché les fesses, Laura. »
Elle a trouvé les mots. Elle les a posés là, entre nos deux tasses, comme on pose une pièce sur une table.
« Ce n'était pas la première fois… Rappelle-toi. »
« Je sais. Mais c'est pareil. »
Bip. Un message sur mon téléphone.
SMS de Karim : « Merci pour le petit cadeau de ce matin. »
Sophie me dit :
« À toi il dit merci. C'était à moi qu'il devait dire merci. »
« Tu veux savoir un truc ? »
« Quoi ? »
« Tu vois ce bureau ? Celui sur lequel tu t'accoudes depuis huit ans. Il m'a prise dessus. Ta joue est à l'endroit exact où il m'a mis à genoux. »
« … Ici ? »
« Ici. Et c'est pour ça que je ne m'assois plus de ce côté. »
Elle a souri. Un sourire franc. Un sourire vrai. Un sourire de femme qui venait de se relever. Un sourire de femme qui venait de se libérer. Un sourire de femme qui venait de gagner.
Elle s'est levée. Elle a pris son café. Elle a regardé l'heure. Elle a souri.
« Bon. Je retourne travailler. On se voit à 17h ? »
« Sophie… »
Elle s'est arrêtée. Elle s'est retournée. Elle m'a regardée. Longuement. Intensément. Puis elle a souri. Un sourire triste. Un sourire doux. Un sourire vrai.
« À 17h. Devant la voiture. »
La voix
Et quelque part, dans un coin de ma tête, une petite voix murmurait :
« Tu as gagné. Tu as perdu. Tu as aimé. Tu as souffert. Tu as vécu. »
« Et maintenant ? »
Je n'avais pas de réponse.
Mais je savais que Sophie, elle, allait en avoir une.
Et c'était peut-être ça, le plus excitant.
Ou le plus terrifiant.
Je ne savais plus.
Je ne savais plus rien.
Et pour la première fois depuis longtemps, ça ne me faisait plus peur.
Ça me faisait… rien.
Et c'était peut-être ça, le pire.
Commentaires 10
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La gifle pour avoir levé les yeux contient tout le chapitre. Ne t'arrête pas, et tu te tais.
Même mécanique qu'au chapitre 21, sauf que cette fois tu tiens les fesses de Sophie.
Les clés sous le paillasson, la main de Sophie qui tremble… on retient son souffle jusqu'à la porte.
Le SMS du lendemain m'a plus marquée que la scène : un remerciement pour un cadeau.
Le coussin rangé dans le placard m'a plus convaincue que toute la scène.
Ce chapitre est d'une tension insoutenable. Et d'une tristesse qu'on ne voit qu'après.
Sophie dit qu'elle a peur de lui, puis tout se passe comme si elle avait déjà consenti.
Deux femmes devant une porte. Je sens que rien ne sera plus comme avant.
Rien ne l'a plus jamais été, en effet.
Je n'ai rien forcé. J'ai seulement écarté ce qu'il fallait écarter, quand il me l'a demandé.
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