Ce soir, tard. Mon mari dort…. J'écris ça sur mon téléphone, dans le noir. Faut que ça sorte.

Le lave-linge tourne encore dans la cuisine. C'est le seul bruit de la maison à cette heure-là. Je l'ai lancé exprès, à 22h50, pour avoir une raison de rester debout. Mon pouce est posé sur l'écran. La lumière me mange la figure. Je devrais éteindre. Je n'éteins pas.

On se croit insaisissable. À l'abri. On se dit que personne verra, que personne saura. Et puis... bah on se trahit. Un regard qui traîne. Un sourire de trop. Une jupe achetée en cachette.

Si un jour on m'avait dit que j'en arriverais là, je ne l'aurais jamais cru.

J'ai mal agi. Je le sais. Et je sais pas comment arrêter. C'est ça le pire je crois. Pas tellement ce que je fais. Le fait que je peux plus m'arrêter.

Chaque jour je tremble. Littéralement. J'ai le ventre noué dès que Marc me regarde un peu trop longtemps. Les conséquences... putain. Perdre mon mari. Ma maison. Les enfants. Tout ça pour quoi ? Pour un type de 23 ans que je connais à peine ?

Enfin si. Je le connais. Trop bien même. C'est ça le problème.

Ma faiblesse me désespère. Et le désespoir... bah ça m'affaiblit encore plus. Cercle vicieux. Je sais.

Mais malgré la honte. Malgré les regrets. Y a cette envie. Cette petite voix qui dit "et si ?". Et si je cédais encore une fois ? Et si je voyais jusqu'où ça peut aller ?

Je sais pas. Je sais plus.

 

Un matin je me suis réveillée avec un rêve... comment dire... un rêve un peu trop sexe quoi. Depuis, c'est là. Cette chaleur dans le bas du ventre. Cette tension. Cette humidité que je peux pas ignorer.

Et je suis au boulot. Avec les collègues qui passent, qui repassent. Sophie en face de moi. Troisième pause café de la matinée. Le directeur pose une question devant la machine, je laisse Sophie répondre. Je suis ailleurs. Complètement ailleurs.

Les images du rêve qui reviennent. Des mains. Une voix. Une jupe relevée. Un corps. Je cligne des yeux. Je bois une gorgée de café. Trop chaud. Je fais semblant de revenir.

J'y arrive pas.

11h20. Je vais aux toilettes du deuxième. Pas pour y aller. Pour relire. Je m'enferme dans la cabine du fond, je sors le téléphone, je remonte trois messages. Ses trois lignes. Je les lis debout, le dos contre la porte, la joue chaude. Quelqu'un entre, ouvre le robinet, repart. Je reste deux minutes de plus. Je ressors avec la figure rouge et je dis que la clim est en panne.

12h45. Je sors du réfectoire. Je fuis Sophie. Elle m'appelle. Je réponds pas. J'ai besoin d'être seule. Enfin... seule, pas vraiment. Je sais pas ce que je veux en fait.

Quelques minutes plus tard, je suis dans un centre commercial. Je marche sans but. Pour m'occuper. Pour me calmer. Pour faire taire cette voix.

Et je tombe devant une boutique. Une jupe. Noire. Chic.

Cinq minutes après je suis en cabine. J'enlève mon jean. Je regarde mon ventre dans le miroir. Mes cheveux ondulés. Je prends la jupe. Courte. Noire. Mi-cuisse.

Je l'essaie. Mon cœur s'accélère. Je sais pourquoi je l'achète. Je sais ce que ça veut dire.

79,90 €. C'est cher. Trop cher. J'hésite. Mais je sors de la cabine et la vendeuse est là. Souriante. Insistante. Je la connais. Elle sait y faire.

"Elle vous va à ravir madame. Cette coupe... c'est fait pour vous."

Je souris. Je baisse les yeux. J'achète. Je glisse la jupe dans mon sac, sous la liste de courses et les chaussettes des enfants. Le ticket, je le mets dans la poche de mon manteau. Pas dans le sac. Jamais dans le sac.

 

Sur le chemin du retour, les pensées défilent. J'ai acheté cette jupe pour lui. Pour Karim. Lui qui m'a demandé d'être en jupe. Lui qui m'a demandé de pas mettre de culotte.

Sans culotte dans cette jupe. Non mais sérieux. Tout le monde va voir. C'est pas possible.

Mais ses messages étaient clairs. Il veut me revoir en jupe. Nue sous le tissu. Que chaque pas vers lui soit un rappel.

Les images reviennent. Le lieu. L'heure. Ses mains sur mes hanches. Sa voix. Mon corps qui répond. Je serre les cuisses.

17h30. Je fais un bout de trajet avec Sophie. Il pleut sur le pare-brise, elle fume avec la vitre entrouverte, la cendre vole sur le tableau de bord.

Elle me parle de son plan cul du week-end. Elle est allée faire une pédicure, une manucure, spécialement pour lui. Elle me montre ses pieds. Elle enlève sa chaussure. Une chaussure achetée exprès pour lui.

"Tu te rends compte ? Il va adorer. J'ai pris un vernis rouge vif. Il m'a dit qu'il aimait les pieds bien soignés."

J'écoute. Je souris. Je hoche la tête. Mais je suis ailleurs. Je pense à mes pieds. Mes mains. Ce que Karim pourrait aimer.

"Et toi Laura ? Tu fais quelque chose pour toi en ce moment ?"

Je sursaute. "Moi ? Non. Rien de spécial."

Elle me regarde. Trop longtemps. "Tu devrais. T'es une femme magnifique. Tu mérites qu'on s'occupe de toi."

Je baisse les yeux. Mes joues chauffent.

Sophie, elle, ne me lâche pas. Elle revient toujours avec ses questions, ses conseils, son envie que je vive enfin quelque chose. Elle me pousse sans jamais avoir l'air d'y toucher. Je ne sais pas encore ce que ça me coûtera.

Le lendemain midi, rebelote. Pédicure. Sur le retour, mon cerveau part en vrille. Au lieu de me demander ce que Karim pourrait me faire, je me demande quand il va le faire. Mon quatrième jour après les règles m'aide pas. Mes hormones sont en folie. Une tension permanente. Une envie qui me lâche plus.

 

21h03. J'envoie le premier message.

Moi : "Hello Karim, comment vas-tu ?"

J'attends. Deux minutes. Interminables. Mon cœur bat trop vite. Mes doigts tremblent.

Je relance.

Moi : "Tu préfères le vernis à ongles rouge vif, ou blanc transparent ?"

J'envoie. Je pose le téléphone. Je le reprends. Je le regarde. Je le repose. Écran contre la table. Puis écran vers moi. Puis contre la table.

Réponse instantanée.

Karim : "Salut L. Moi ça va et toi aussi j'espère ?"

Puis un deuxième.

Karim : "J'adore les femmes qui prennent soin de leurs mains comme tu sais très bien faire."

Je souris. Je rougis. Je me mords la lèvre. Il sait y faire. Il s'intéresse. Et puis... il est beau. J'avoue.

La conversation s'ouvre. Je pose des questions. Je réponds aux siennes. Mais y a un truc qui monte. Une envie de le provoquer.

Moi : "J'ai fait une folie."

Karim : "Ah oui ? Raconte-moi."

Moi : "J'ai acheté une jupe."

Silence. Trois secondes…

Karim : "Quelle couleur ?"

Moi : "Noire."

Karim : "Courte ?"

Moi : "Oui."

Karim : "Tu sais ce que j'attends de toi avec cette jupe, n'est-ce pas ?"

Je ferme les yeux. Mon ventre se serre.

Moi : "Oui."

Karim : "Dis-le."

Moi : "Tu veux que je vienne sans culotte."

Karim : "Tu apprends. Et quand ?"

Moi : "Mardi. J'ai pris ma matinée."

Karim : "Tu es sûre ?"

Moi : "Oui."

Karim : "Alors à mardi, L. Je t'attends. Je t'envoie l'adresse."

Je pose le téléphone. Je le regarde. Je l'éteins.

Derrière la cloison, Marc se retourne dans le lit. J'attends. Rien. Je rallume l'écran et je relis tout depuis le début, en remontant jusqu'au premier message. Il est 22h41. J'efface les notifications. Toutes.

 

Mardi arrive 

Ce matin, longue douche. L'eau chaude sur ma peau. J'exfolie tout. Comme si je pouvais effacer la femme d'avant. Je rase mes jambes, mes aisselles, cette intimité que je sais qu'il vérifiera. Crème parfumée. Là où la peau est fine. Là où le pouls bat.

La jupe noire. Celle achetée en cachette. Courte. Chic. Mi-cuisse. En dessous, rien. Le vide. Ce vide qui me rappelle à chaque seconde ce que je vais faire.

Devant le miroir j'hésite longtemps. Body blanc. Un peu transparent. Chemisier fin. Ouvert sur le haut. Pas de soutif. Mes seins libres sous le tissu. Parfum derrière les oreilles, sur les poignets, entre les seins. Discret. Presque innocent. Presque.

Maquillage. Pas de rouge à lèvres rouge. Un nude. Mascara léger. Eye-liner à peine visible. Mais mes yeux brillent trop. Mes joues sont trop rouges. La femme dans le miroir c'est pas moi. Ou peut-être que c'est enfin moi.

Cheveux détachés. Ondulés. Libres. Comme il aime. Je passe mes doigts dedans. Je les laisse tomber sur mes épaules. Manteau long beige par-dessus. Une armure. Un mensonge de plus.

 

J'ai posé ma matinée. Sans rien dire à personne. Ni mon mari. Ni Sophie. J'ai inventé une réunion extérieure. Un rendez-vous client. Les mensonges sortent tout seuls maintenant. Ça me fait peur.

J'hésite parfois entre voiture et bus. Là, aucune hésitation. La voiture.

J'embrasse mon mari sur la joue avant qu'il parte. Il voit rien. Il demande rien. "Bonne journée."

Bonne journée.

Je dépose les enfants.

Dans la voiture, mains moites sur le volant. Chaque feu rouge est une épreuve. J'imagine que les autres voient à travers la vitre. À travers le manteau. À travers le mensonge. Le tissu de la jupe contre ma peau. Trop léger. Trop court. Et ce vide en dessous. Ce vide que j'arrête pas de sentir.

Karim m'a envoyé l'adresse la veille. Instructions précises.

"Bâtiment C. Code 4723A. Troisième étage. Porte 12. La clé est sous le paillasson. Tu entres. Tu refermes. Tu enlèves ton manteau."

J'ai relu trois fois. Quatre fois. J'ai failli faire demi-tour. J'ai failli garer la voiture et pleurer. J'ai failli rentrer chez moi. Oublier Karim. Mais mes jambes m'ont portée. Mes doigts ont composé le code. La porte s'est ouverte.

J'ai laissé la voiture deux rues plus loin, dans un parking de supermarché, entre une camionnette et une berline grise. J'ai marché sous la pluie fine. Neuf minutes. Le froid sur les jambes nues. Je savais exactement ce que je faisais.

Escalier étroit. Silencieux. Chaque marche résonne sous mes talons. Chaque pas fait remonter la jupe un peu plus. Je monte les trois étages lentement. Souffle court. Main crispée sur la rampe.

Porte 12.

Je me suis arrêtée, la main sur la poignée. Derrière cette porte, il n'y avait plus de Laura. Il y avait ce qu'il avait décidé de faire de moi. J'ai tourné.

Main sous le paillasson. La clé. Froide. Lourde. Je tourne. Le bruit du verrou résonne dans tout l'immeuble.

Je pousse la porte.

Le studio 

J'ai poussé la porte. Le studio était petit, fonctionnel, très bien rangé. Un lit double aux draps blancs impeccablement tirés. Une petite cuisine sans une miette. Un canapé sous une petite fenêtre. Un petit salon qui ne pouvait accueillir que deux personnes. Pas plus. Juste deux. Ça sentait le linge propre et le bois de cèdre.

Il était là. Adossé au plan de travail. Torse nu. En jean. Sa montre posée sur la table, à côté de ses clés. Il ne m'a pas dit bonjour. Il m'a regardée. Juste regardée. Ses yeux sont descendus lentement, de mes cheveux à mes pieds. Puis ils sont remontés, plus lentement encore.

Il a regardé mes ongles avant mon visage. "Le vernis. Tu l'as fait pour moi. Tu vois que tu apprends."

Il a hoché la tête.

Il s'est approché. Sa main a glissé le long de ma hanche. Il a caressé le tissu de la jupe. Puis sa main est descendue, sous la jupe, le long de ma cuisse, jusqu'à l'endroit où il n'y avait rien. Ses doigts ont effleuré ma peau, juste un instant. Un contact sec, précis. Une vérification. Un contrôle. Il a retiré sa main.

Il m'a regardée dans les yeux, et il a souri.

"Bonne fille."

Il m'a prise par le poignet. Il m'a attirée contre lui. Sa bouche a trouvé la mienne. Un baiser profond, sans préliminaires, sans douceur. Sa langue a forcé mes lèvres. J'ai senti son corps contre le mien, la chaleur de sa peau, la dureté de son désir contre ma hanche. Un frisson m'a traversée, de la nuque aux reins.

Il a reculé. Ses doigts ont trouvé la ceinture de mon manteau. Il l'a fait glisser de mes épaules. Le manteau est tombé sur le sol. Il m'a regardée. La jupe noire. Le body blanc. Le chemisier ouvert. Mes seins libres sous le tissu.

Il a posé ses mains sur mes épaules. Il a appuyé. Une pression ferme, sans violence, mais sans appel. Je me suis agenouillée. Le sol était dur sous mes genoux. Le carrelage froid. Mais je n'y pensais pas. Je le regardais. Lui. Son visage. Son sourire.

Il a ouvert son jean. Les boutons ont sauté un par un. Le bruit sec du métal. La fermeture éclair qui descend. Il s'est libéré. Sa queue, dure, épaisse, gorgée de sang et de désir. Elle se dressait devant moi, à quelques centimètres de ma bouche.

Il a posé sa main sur ma tête. Pas pour forcer. Juste pour poser son poids. Une présence. Un rappel. Il n'a rien dit. Il n'a pas eu besoin de dire quoi que ce soit. Je savais ce qu'il attendait.

J'ai ouvert la bouche. J'ai pris sa queue. Lentement. Juste le gland, d'abord. La peau chaude, tendue. Le goût salé de sa peau. J'ai fermé les yeux. J'ai senti sa main se crisper légèrement dans mes cheveux. J'ai avancé. Plus loin. Jusqu'à ce que mes lèvres touchent la base. Jusqu'à ce que je sente sa queue au fond de ma gorge.

Il a laissé échapper un souffle. Un son bas, rauque, qui m'a traversée comme une décharge. J'ai commencé à bouger. Lentement. Mes lèvres glissant le long de sa queue. Ma langue sur le dessous. Mes joues creusées. Un rythme régulier, que je sentais monter en lui. Ses doigts dans mes cheveux. Sa respiration qui se faisait plus courte. Plus saccadée.

"Bonne fille", a-t-il murmuré. "Continue."

J'ai continué. Plus vite. Plus profond. Je sentais sa queue durcir encore dans ma bouche. Je sentais ses jambes se tendre. Je sentais qu'il était proche. Mais il n'a pas joui. Il a retiré sa main de ma tête. Il a reculé.

"Pas encore."

Il m'a prise par le bras. Il m'a relevée. Il m'a conduite vers le canapé. Le petit canapé sous la fenêtre. Il m'a fait signe de me pencher. De me mettre à quatre pattes. J'ai obéi. Mes genoux sur le tissu, mes mains sur l'accoudoir. La jupe remontée sur mes hanches. Le body remonté sur mes seins. Mon cul offert à son regard.

Il s'est approché. Sa main a caressé mes fesses. Lentement. Ses doigts ont suivi la courbe de ma colonne. Puis ils sont descendus. Entre mes jambes. Il a senti combien j'étais mouillée. Un sourire dans sa voix.

"Tu es prête."

Il n'a pas attendu de réponse. Il s'est enfoncé en moi. D'un seul coup. Profond. Ma chatte l'a accueilli, serrée, brûlante. J'ai lâché un cri. Un cri qui n'était pas de douleur. Un cri de libération.

Il a commencé à bouger. Lentement d'abord. Des mouvements amples, profonds, qui frappaient au fond de moi. Sa queue glissait, se retirait presque entièrement, puis revenait. Chaque coup de rein me faisait cambrer le dos. Chaque poussée me faisait gémir.

"Plus fort", ai-je soufflé.

Il a accéléré. Ses hanches claquaient contre mes fesses. Le bruit de nos corps. Le mien. Le sien. Le canapé qui grinçait sous nous. Sa main a trouvé mes cheveux. Il a tiré. Pas assez pour faire mal. Juste assez pour me rappeler qui commandait.

"Dis-le", a-t-il ordonné.

"Je suis ta salope..."

"Encore."

"Je suis ta salope, Karim... Je suis à toi..."

Il s'est retiré. J'ai senti le vide. Un vide froid, brutal. J'ai tourné la tête. Il était debout derrière moi. Sa queue luisante. Ses yeux fixés sur moi. Il a posé sa main sur ma hanche. Puis son pouce a glissé. Plus bas. Entre mes fesses. Il a trouvé l'entrée. Il a appuyé.

J'ai senti son doigt s'enfoncer. Lentement. Précisément. La pression. La résistance. Puis l'acceptation. Mon corps s'est ouvert. Mon cul a cédé. Son doigt était en moi. Profond. Je sentais chaque jointure, chaque mouvement. Il a commencé à bouger. Doucement. Un va-et-vient lent, régulier, qui me faisait frissonner.

"Ton cul maintenant."

"Non pas ça s'il te plaît tu es trop gros."

 

"Chut ! Tu aimes ça ?"

"Oui..."

"Dis-le."

"J'aime ça. J'aime ton doigt dans mon cul."

Il a retiré son doigt. J'ai senti un vide. Puis quelque chose de plus grand. De plus dur. Sa queue. Il l'a pressée contre mon entrée. Il n'a pas forcé. Il a attendu. Il m'a laissée m'ouvrir. Lentement. Centimètre par centimètre. La brûlure. La pression. L'envahissement. Il m'a déchirée, et de la douleur est arrivée une sorte d'onde de plaisir mêlée à ma soumission à un jeune qui ne voulait que me baiser.

"Respire", a-t-il dit.

J'ai respiré. J'ai poussé. Il est entré. Entièrement. Sa queue dans mon cul. Profonde. Je me suis sentie pleine. Pleine à en éclater. J'ai senti une larme couler sur ma joue. Pas de douleur. De soulagement. De capitulation.

J'avais envie de pleurer. Jamais personne ne s'était introduit dans cet endroit-là.

Il a commencé à bouger. Lentement. Très lentement. Des mouvements courts, contrôlés. Sa main sur ma hanche. L'autre sur mon épaule. Il me maintenait. Il me guidait. Chaque poussée me faisait gémir. Chaque retrait me faisait trembler.

"Tu es à moi", a-t-il murmuré.

"Oui..."

"Dis-le."

"Je suis à toi. Entièrement. Mon cul est à toi. Ma chatte est à toi. Ma bouche est à toi."

 

Il a accéléré. Ses coups de reins sont devenus plus forts. Plus profonds. Il me baisait le cul sans ménagement maintenant. Sa queue me remplissait, me déchirait, me possédait. Je n'étais plus qu'un corps. Un corps qui répondait. Un corps qui s'abandonnait.

J'ai senti l'orgasme monter. Du plus profond de moi. Une vague qui a commencé dans mon cul, qui a gagné ma chatte, mon ventre, ma poitrine. Mes jambes ont commencé à trembler. Mes mains se sont crispées sur l'accoudoir. J'ai crié. Un cri long, rauque, qui a résonné dans tout le studio.

"Karim... je vais jouir..."

"Vas-y."

Je suis venue. Un orgasme qui m'a traversée comme une décharge. Des spasmes. Partout. Dans mon cul. Dans ma chatte. Dans mon ventre. Mes jambes se sont dérobées. J'ai failli tomber. Il m'a rattrapée. Il m'a maintenue contre lui. Il a continué à bouger. Plus vite. Plus fort. Jusqu'à ce qu'il jouisse à son tour.

Je l'ai senti. Sa queue qui palpait dans mon cul. Sa semence chaude qui m'inondait. Son corps qui se tendait contre le mien. Un grognement sourd. Puis le silence.

On est restés là. Lui derrière moi. Sa queue encore en moi. Sa main sur mon ventre. Ma tête posée sur l'accoudoir. Le souffle court. Le corps en sueur. Les jambes tremblantes.

Il s'est retiré. Lentement. J'ai senti le vide. Un vide qui n'était pas désagréable. Un vide de paix. De soulagement. Il m'a attirée contre lui. On s'est allongés sur le canapé. Trop petit pour deux. Mais on s'est serrés. Son bras autour de moi. Ma tête sur son torse. Sa main qui caressait mes cheveux.

"Tu as été parfaite", a-t-il dit.

Je n'ai rien répondu. Je n'avais pas besoin de répondre. J'ai fermé les yeux. J'ai écouté son cœur. J'ai senti sa peau contre la mienne. Sa chaleur. Sa présence. Un moment de calme. Un moment de silence. Un moment qui n'appartenait qu'à nous.

Il a penché la tête. Il a posé ses lèvres sur les miennes. Un baiser doux. Tendre. Presque innocent. Un baiser qui n'avait rien à voir avec ce qu'on venait de faire. Un baiser de fin. Un baiser d'au revoir. Un baiser qui disait : "À la prochaine."

Il a caressé ma nuque, deux secondes. "Ma petite", il a dit. Rien d'autre. Comme si c'était déjà réglé.

Je me suis levée. Je me suis rhabillée. Le body. La jupe. Le chemisier. Le manteau. J'ai ramassé mes chaussures. Je les ai enfilées. Il était toujours sur le canapé. Il me regardait. Un sourire aux lèvres. Ce sourire que je connaissais. Ce sourire qui disait qu'il avait gagné. Qu'il m'avait eue. Entièrement.

J'ai ouvert la porte. Je me suis retournée. Une dernière fois. Il a levé la main. Un signe. Pas un au revoir. Juste un signe. Un signe qui disait : "Je sais que tu reviendras."

J'ai fermé la porte. L'escalier. La rue. La voiture. La boulangerie. Le pain. Mon mari. Les enfants. La vie normale.

À la boulangerie, j'ai attendu mon tour derrière une femme qui parlait de sa fille. J'ai regardé la vitre. Le reflet m'a renvoyée une femme en manteau beige, avec un pain de campagne sous le bras. Propre. Normale. Je me suis souri. C'était le pire.

Mais dans ma tête, il était encore là. Sa main sur ma hanche. Sa queue dans mon cul. Son baiser sur mes lèvres. Et cette voix qui murmurait : "Ma petite."

Cette nuit-là, dans mon lit conjugal, les yeux ouverts dans le noir, je me suis caressée en pensant à lui. À ce qu'il m'avait fait. À ce que je l'avais laissé faire. J'ai joui en silence. Les doigts dans ma chatte. Les dents serrées. Le corps secoué de spasmes. Et quand c'était fini, je me suis tournée vers mon mari. Il dormait. Il ne savait rien. Il ne saurait jamais.

Je suis allée me laver. J'ai plié la jupe noire au fond du tiroir, sous les pulls d'hiver. Le ticket, je l'ai brûlé dans l'évier, avec une allumette, comme une gamine. L'odeur de papier brûlé est restée dans la cuisine jusqu'au matin.

J'ai fermé les yeux. J'ai senti une larme couler sur mon oreille. Une larme de honte. Une larme de plaisir. Une larme de tout ce que je ne pouvais plus démêler.

Et j'ai souri.